Liberté et Démocratie

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A Lancy, les jeunes ne sont pas désoeuvrés, on les désœuvre.

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Je suis depuis toujours domicilié sur Lancy, j’en suis parti deux fois pour des raisons professionnelles, mais jamais plus de deux ans et j’y suis toujours revenu.

 

J’y suis né, j’y ai grandi, j’y ai suivi l’entier de ma scolarité, j’y ai fait et fait encore du sport (oui je sais je ne suis pas assidu), j’y ai développé mes passions etc…

 

Je suis, je pense un Lancéen pur grain.

 

Une de mes passions est indéniablement la musique. Je suis batteur à mes heures. Quand j’étais au cycle des Grandes-Communes, le directeur de l’époque dont j’ai honteusement oublié le nom, fan de Jimmy Hendrix devant l’éternel, nous avait mis à disposition, à mon groupe et à moi, un local dans les sous-sols du bâtiment. Nous répétions donc tranquillement tous les midis et le soir après les cours.

 

Mais un jour, même en y mettant du sien, il arrive un moment où il faut quitter le cycle. Nous nous retrouvions donc SLIF (sans local insonorisé fixe). Nous répétions encore quelque fois à la Villa Tacchini qui offrait un petit studio en sous-sol. Le problème était que nous partagions ce studio avec un grand nombre d’autres ados. Nous ne pouvions alors répéter plus d’une à deux heures par semaine. De loin pas assez pour préparer un concert à Wembley (et oui, ado, on a des rêves et de l’ambition).

 

Nous avons alors appris l’existence d’une structure lancéene au nom barbare : les « Locaux Autogérés ».

 

Le principe était simple. Pour les mineurs de plus de douze ans qui exerçaient une activité artistique qui nécessitait une certaine surface et dont les parents étaient contribuables à Lancy, la commune mettait un local, souvent un abri PC, à disposition gratuitement. En échange, les bénéficiaires devaient participer, une à deux fois par an, au festival des locaux qui avait lieu sur la commune. De temps à autre, une autre activité était demandée. En 2002 par exemple, nous avions participé à l’érection d’une plateforme pour Expo 02 et nous avions rencontré une certaine Ruth Dreifuss.

 

De locaux obscurs et underground ont fini par jaillir des trucs très sympas. Pour ma part, suite à un événement personnel particulier j’ai renoncé à la musique et nous avons reconverti notre local en point de chute pour une association qui organisait concerts, soirées à thème et déplacements pour se rendre dans des festivals de musique européens. Comme nous étions bénévoles, nous pratiquions des tarifs extrêmement bas qui permettaient à tous de venir.

 

D’autre ont continué dans la musique. Le groupe genevois anciennement nommé Djizoes: et désormais nommé The Erkonauts, dont le guitariste Fred Di Limoncelli et le bassiste Ales Campanelli ont fréquenté ces locaux, a sorti plusieurs albums et fait des tournées en Asie et en Amérique du nord. Et ce ne sont de loin pas les seuls.

 

D’autres ont dès le départ pris le parti d’être des associations aux divers buts. Je me rappelle notamment du local « After School » qui se situait sous l’Ecole du Petit-Lancy. Ce local, uniquement géré par des ados bénévoles, accueillait gamins du coin du lundi au vendredi de 17h à 20h gratuitement et organisait leurs anniversaires le week-end. Aujourd’hui, les jeunes ont été mis à la porte, le local repris en l’état par la Fase et est ouvert sporadiquement et géré par des salariés. Qu’on soit clair, mon propos n’est pas de dire que ces animateurs ne font pas un bon travail. Je m’interroge simplement sur le fait qu’au moment où les travailleurs sociaux se plaignent de manque de moyens chroniques, on ait remplacé des bénévoles par des professionnels qui seraient sans nul doute plus utiles ailleurs.

En résumé, Lancy avait une structure bien faite, peut coûteuse, qui, dans un premier temps, permettait aux jeunes d’avoir des lieux de rencontre gérés par eux et uniquement encadrés et non pas dirigés par des adultes. Ils pouvaient y exprimer leurs talents, leurs envies, réaliser des projets et cela était un bénéfice pour la collectivité à différents niveaux.

 

Premièrement car ils n’étaient pas désoeuvrés et créaient donc beaucoup moins de problèmes.

Deuxièmement car la commune et ses habitants profitaient de leurs créations tous les ans lors des festivals ou des fêtes de quartier.

 

Troisièmement, grâce à cette structure, pas mal de gamins de Lancy, dont moi, ont pris de magnifiques leçons de vie associative, de vivre ensemble et de prise de responsabilités.

 

Je ne sais pas pourquoi cette structure a été supprimée, mais je sais que c’est une perte pour la commune. Il me parait indispensable, pour la prochaine législature, si ce n’est de la remettre en place, de remplir le vide laissé.

 

Aristos Marcou

Candidat au Conseil Municipal de Lancy

Le 19 avril 2015 votez liste numéro 3

 

Djizoes: en concert à Taiwan

 

 

 

 



09/02/2015
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