Liberté et Démocratie

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Article publié le 9 janvier 2014 sur le site des Jeunes Libéraux Radicaux Genève

Pourquoi l’initiative UDC dite contre l’immigration massive est mauvaise ?

Le peuple est appelé à voter le 9 février sur une énième initiative UDC qui vise à refermer la Suisse sur elle-même. Son but est d’introduire des contingents d’étranger sans aucune distinction.

Ce qui veut dire que la Confédération traitera de la même manière un professeur qui serait recruté par l’EPFL ou l’EPFZ qu’une personne traversant l’Europe pour venir mendier à Genève ou Lausanne.

Nier que l’immigration pose parfois des problèmes relève effectivement de la politique de l’autruche et il est certain que la réglementation en vigueur peut et doit impérativement être améliorée. Les Jeunes libéraux-radicaux genevois (JLRGe) en sont conscients et militent en permanence pour une amélioration de la situation.

Pourtant, ce que proposent les initiants créera davantage de problèmes qu’il n’en résoudra. Prenons un exemple concret: le domaine médical. Les Hôpitaux universitaire de Genève (HUG) ont besoin de quelque 150 médecins par an. L’Université de Genève en forme une soixantaine. Comment faire pour répondre à ses besoins si la formation de main d’oeuvre qualifiée est insuffisante? D’aucuns diront que la Suisse compte 26 cantons et demi-cantons. C’est vrai, mais Genève n’est fort heureusement pas le seul canton à posséder un hôpital universitaire. Le problème est le même partout.

Le contingentement sera certainement, dans un premier temps suffisant, mais la demande étant en perpétuelle croissance, les exigences en augmentation continue, il est certain qu’au vu de la lenteur administrative bernoise, en très peu de temps, les HUG seront confrontés à une pénurie de médecins (nous ne parlerons même pas des infirmières et autres personnels soignants) ce qui aboutira à une baisse de qualité des soins et à une augmentation des temps d’attente en médecine d’urgence et pour les opérations planifiées. En résumé, cela effectuera une discrimination négative sur les résidents suisses pour des questions de nationalisme façon grand-papa.

Les problèmes créés par l’immigration aujourd’hui sont en réalité de deux natures:

1. La criminalité d’une certaine frange de personnes minoritaires qui sont pour la plupart en situation irrégulière en Suisse:

Ces personnes ne seront pas touchées par l’initiative car leur situation n’est pas régularisée en Suisse, ce qui veut dire qu’elles y sont entrées sans autorisation. Si nous durcissons la législation, cela ne va strictement rien changer à leur statut déjà illégal aujourd’hui. Par contre, les personnes honnêtes qui viennent en Suisse, soit pour étudier, travailler et contribuer à la réussite économique du pays seront injustement entravées. L’initiative ne réglera donc pas le réel problème de l’immigration illégale.

2. Le dumping salarial:

Là encore, à aucun moment, l’initiative ne parle des salaires des personnes qui viendraient en Suisse avec l’intention d’y avoir une activité lucrative. Contingents ou pas, les abus existeront toujours. Si on paye un plombier suisse 5000 francs par mois et un polonais 3000, attendre une année avant d’embaucher représente une économie de 24’000 francs par an soit pas loin de 100’000 francs sur 4 ans. Pour une PME c’est ce que l’on appelle une véritable économie.

La légende selon laquelle l’immigration est créatrice de chômage est fausse, les chiffres le montrent, la Suisse a un chômage de 3%, ce qui, pour certains économistes est synonyme de plein emploi (à un certain niveau, un consensus d’analystes s’accorde à dire qu’il y un taux de chômage «incompressible»). Nous ne sommes donc pas dans une situation de crise qui nous impose de fermer nos frontières de manière hermétique.

Une acceptation de cette initiative aurait dans tous les cas un impact pour le moins négatif dans autant de domaines que le bâtiment, l’enseignement supérieur, la santé, l’industrie de pointe, la finance et les entreprises internationales. En gros, tous les secteurs où la Suisse excelle et qui ont fait d’elle l’un des pays les plus prospères au monde.

Les Jeunes libéraux-radicaux genevois sont comme toujours adeptes du pragmatisme.

Plutôt que d’ajouter une énième réglementation qui compliquera la vie des entreprises et de l’Etat (lourdeur administrative), et par là-même, se tirer une balle dans le pied, ils sont favorables à une ferme application des lois en vigueur, en bonne intelligence avec le panel législatif régulièrement mis à jour par les autorités compétentes. Etre ferme avec tous les criminels suisses ou étrangers. Et mettre en place des mesures efficaces contre le dumping salarial car les outils existent: il suffit de les utiliser (et d’en avoir la volonté). On n’enfonce pas un clou avec une éponge.

Pour toutes ces raisons, les Jeunes libéraux-radicaux genevois vous engagent à ne pas vous laisser séduire par les sirènes de la peur et du repli sur soi, mais à agir avec pragmatisme et à refuser cette initiative tout en ayant conscience que bien des choses peuvent et doivent toujours être améliorées. C’est d’ailleurs l’incroyable privilège dont bénéficie chacun d’entre-nous: les institutions suisses nous permettent d’intervenir dans la vie politique de notre pays à différents échelons. Utilisons cette chance en alliant responsabilité et sagesse.

Le 9 février, votez et faites voter non à l’initiative UDC «Contre l’immigration de masse».

Aristos Marcou



09/01/2014
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